Thérèse d’Avila (1) et l’espérance

Thérèse d’Avila (1)

 

“Oh ! que de fois je me suis rappelé cette eau vive dont le Seigneur parle à la samaritaine! Que j’aime ce passage de l’Evangile ! Ce qui est certain, c’est que dès mon jeune âge je l’aimais, sans comprendre comme aujourd’hui la valeur de ce bien que je demandais ; je conjurais souvent le Seigneur de me donner de cette eau, et là où je me tenais toujours, j’avais une image me représentant cette scène de l’Evangile, avec ces paroles que la samaritaine adressa au Seigneur près du puits . Seigneur, donne-moi de cette eau.” Vie 30, p.325

 

Un jour vient où elle expérimente la vérité de la Parole

“Celui qui boira n’aura plus jamais soif.”

“Je suis touchée de la plus vive compassion pour certaines âmes : on dirait des personnes desséchées par une soif brûlante qui aperçoivent au loin une source d’eau vive et qui, quand elles veulent en approcher, trouvent des ennemis qui en barrent l’accès au commencement, au milieu et au terme du chemin. Et peut-être n’étaient-elles qu’à deux pas de la source d’eau vive dont notre Seigneur a dit : ‘Celui qui en boira n’aura plus jamais soif.’

Oh ! Qu’elle est juste, qu’elle est vraie cette parole prononcée par Celui qui est la Vérité même. L’âme qui boit de cette eau n’a plus soif des choses de cette vie ; elle sent en elle une autre soif qui va croissant pour les choses de l’autre vie et dont la soif naturelle ne saurait donner la moindre idée.

Mais qui dira combien l’âme est altérée par cette soif ? Bien que cette soif soit un supplice terrible, elle apporte avec elle une suavité qui l’apaise. Elle éteint le désir des choses de la terre, et rassasie l’âme des biens célestes. Quand Dieu daigne étancher la soif avec cette eau, une des plus grandes grâces qu’Il puisse accorder à l’âme, c’est de la laisser encore toute altérée. Chaque fois qu’elle boit de cette eau, elle désire toujours plus ardemment en boire encore.” (Chem.21)

 

“ Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive ”

Jésus appelle à se mettre en route vers Lui, Il s’agit de tourner son cœur vers Lui, de chercher à conformer sa vie à l’Evangile. Comment rester sourd à l’appel de Jésus ? Ecoutons Thérèse :

“Pourquoi ai-je voulu vous parler du bonheur que goûte l’âme quand elle boit à cette fontaine céleste et s’abreuve à ses eaux vives ? C’est afin que vous ne vous affligiez ni des travaux ni des contradictions de la route, que vous marchiez avec courage et que vous ne succombiez pas à la fatigue ; car, ainsi que je l’ai dit, il peut se faire qu’étant déjà arrivées au bord de la fontaine vous n’ayez plus qu’à vous pencher pour y boire ; mais vous laissez tout et vous perdez un bien si précieux en vous imaginant que vous n’avez pas la force d’y parvenir et que vous n’y êtes point appelées.

Veuillez considérer que le Seigneur appelle tout le monde. Or Il est la Vérité même ; on ne saurait douter de sa Parole. Si son banquet n’était pas pour tous, Il ne nous appellerait pas tous, ou alors même qu’Il nous appellerait, il ne dirait pas : je vous donnerai à boire. Il aurait pu dire : Venez tous car enfin vous n’y perdrez rien, et je donnerai à boire à ceux qu’Il me plaira. Mais je le répète : Il ne met pas de restriction ; oui, Il nous appelle tous.

Je regarde donc comme certain que tous ceux qui ne resteront pas en chemin boiront de cette eau vive. Plaise au Seigneur qui nous la promet de nous donner la grâce de la chercher comme il faut ! Je le Lui demande par sa bonté infinie.” (Chem. 21)

 

Pourquoi avons nous tant de mal à persévérer sur ce chemin ? Le poids de ce qui retient notre cœur loin du Seigneur est tel qu’il faut mettre toute notre espérance en Lui :

“O Seigneur de mon âme Vous qui êtes la compassion et l’amour même Vous avez dit ‘ Venez à moi vous tous qui avez soif et je vous donnerai à boire ’ Mais comment ne souffriraient ils pas une soif dévorante ceux que la convoitise des choses misérables d’ici-bas consume de ses flammes ardentes ? Ah ! quelle nécessité ils ont de votre eau, pour ne pas achever de s’y consumer. Je le sais, ô mon Seigneur, votre bonté ne la leur refusera pas. Vous l’avez dit vous-même, et vous paroles ne peuvent manquer de se réaliser. Mais s’ils sont habitués à vivre dans ce feu, s’ils y ont été élevés et que, par suite, ils ne le sentent plus et ne peuvent, tant est grande leur folie, découvrir l’excès de leur infortune, quel remède y-a-t-il pour eux, mon Dieu ? Et cependant, c’est pour remédier à de si grands maux que vous êtes venu en ce monde. Commencez donc, Seigneur ! C’est dans les choses les plus difficiles que votre compassion doit se manifester… (Excl.9)

Oui, le Seigneur est compassion : ‘Seigneur, ayez pitié de ceux qui n’ont pas pitié d’eux-mêmes ; et puisque leur infortune les a placés dans un tel état qu’ils ne veulent pas aller à Vous, allez vous-même à eux, ô mon Dieu! Je vous le demande en leur nom. Et je le sais, dès qu’ils commenceront à se connaître, à rentrer en eux-mêmes et à Vous goûter, ces morts ressusciteront enfin.’ (Excl.9 )

 

Faisons avec Thérèse cette prière confiante, elle demande cette eau vive, cet Esprit Saint qui jaillit du cœur du Christ.

 

Prière

O Vie qui donnez la vie à tous les hommes, ne me refusez pas à moi cette eau si douce que Vous promettez à ceux qui la désirent. Pour moi, Seigneur, je la désire, je la demande, et je viens à Vous.
Ne Vous cachez pas de moi, Seigneur. Vous connaissez ma nécessité, et Vous savez que cette eau est le vrai remède de l’âme que Vous avez blessée.
O fontaines vivifiantes qui jaillissez des plaies de mon Dieu, qui pourra dire comme vous coulerez toujours en flots abondants pour nous soutenir ! (Excl.9)

 

Orientation de vie

Méditons avec Thérèse cette belle page d’Evangile et demandons à Jésus de nous donner à boire, à longs traits, à cette source d’eau vive.

 

 

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